La capture de l'inaudible propose de remettre au centre de nos usages ce que nous élaguons et plaçons en périphérie par souci d’efficacité et de simplification. Elle invite en cela à une réflexion esthétique, mais également sociale et politique.

Après deux années de résidence de développement et de production soutenues par le CNC - DICRéAM, nous sommes heureu·ses·x d'annoncer la sortie de la publication La capture de l'inaudible de Matthieu Saladin.
Co-produite par le label Art Kill Art, l'édition est composée d’un livret et d’un logiciel libre et open-source. Cette soirée de lancement est composée d'une performance inédite de Matthieu Saladin, d'un mix du label Art Kill Art par Kévin Bartoli et d'une surprise de Jonathan Sterne.

La capture de l'inaudible

Ce projet problématise la notion d’inaudible dans nos sociétés actuelles.

D’une part, l’inaudible est ici compris au sens de ce qui appartient au royaume des sons ne pouvant être entendus car se situant en-deçà ou au-delà du spectre audible par l’oreille humaine, ou bien masqués par d’autres sons plus forts émis simultanément ou presque.

D’autre part, l’inaudible renvoie à ce qui excède l’écoute, sinon l’entendement d’un groupe, d’une communauté, voire d’une société, en tant qu’il est construit socialement, culturellement et historiquement, autrement dit à ce qui ne peut être entendu car demeurant inintelligible pour ce groupe, cette communauté ou cette société, et selon, là aussi, des effets de seuils et de masques.

À l’acception phénoménologique de l’inaudible s’adjoint ainsi une acception politique, sans que l’on puisse en réalité tracer une frontière nette entre l’une et l’autre, notamment dès lors que l’on aborde l’écoute en tant que sens pris dans des dispositifs (du reste comme tous les sens), qui l’agencent de manière stratégique, la façonnent techniquement, juridiquement, historiquement et socialement, soit une écoute “appareillée” quand bien même celle-ci ne serait munie d’aucune prothèse visible.

La capture de l’inaudible est une publication composée d’un logiciel libre et open-source co-produite par le label Art Kill Art, partageant les éléments de recherches de l’œuvre.

La publication est en vente au prix de 15€.
Au centre d'art lors des événements de la programmation ou sur rendez-vous.
Par correspondance sur le site d'Art kill Art.

© Edition, Capture de l'inaudible, 2019
© Edition, Capture de l'inaudible, 2019