Mardi 4 juin 2019
Concert performance

« Laurent mène sa révolution. Elle n'est ni publique, ni privée. Ou plutôt, elle est : non-publique, non-privée. Elle passe par ailleurs. Et il la mène, et elle l'amène, au point d'élever patiemment une meute de volatiles mécaniques, pour les éduquer, et pour continuer, avec eux, l'aventure de ce grand pas de côté. Très grand. Et il y a aussi, dans l'écart du pas, le temps d'un solo d'harmonica toujours à reprendre, l'espace vital d'un militantisme au plus près des mouvements, et puis le réglage autrement et jamais fini de toutes les radios qui passe par-là. »
Jean-Luc Guionnet

« Ce n'est pas parce que la musique est pleine qu’il n’y a plus de place dedans.
Je mets en jeu la parole dans le champs musical. Comment celle-ci pose-t-elle problème ? La matière sonore de la parole est l’élément le plus évident mais il m’intéresse moins. Je me préoccupe plutôt de l’émergence de la parole, de ce que le corps permet de percevoir et d’articuler. C’est là une démarche musicienne caractéristique. D’autre part, j’explore le rapport de la musique au langage. C’est la signification des mots qui m’intéresse là. Comment ceux-ci peuvent-ils orienter l’écoute par ce qu’ils désignent du sonore ? Il s’agit d’interroger la capacité (et surtout l’incapacité) de la langue à traduire un phénomène musical dans le dessein de créer des formes musicales.
Et il restera encore plus de place dedans ! »
Laurent Pascal

Laurent Pascal, Synesthésie MMAINTENANT, 2019.

QUELQUE CHOSE PLUTÔT
une proposition de Jean-Luc Guionnet

Si l’oreille passe son temps dehors, c’est qu’un possible pend à jamais au crochet de l’écho.
Qu’est ce qui dure dans ce qui dure ? Comment un dit "x" va-t-il persister ou pas en tant que "x" ? Comment va-t-il être identifié comme un "x" dans la durée et pas comme un "x’" ou un "y" ? Comment va-t-il tenir jusqu’à ce que "y" prenne enfin la relève ? Pourtant, la situation fait toujours que la chose "y" arrive à temps, et la chose "x" fait toujours que la situation dure assez.
Ce n'est pas parce que la musique est pleine qu’il n’y a plus de place dedans.

Jean-Luc Guionnet, Sans titre, 2018. Détail